Discours de Guy BOURRAS à l'occasion des inaugurations de l'espace Constantin SIMO et de la Place de la Liberté.
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La municipalité et moi-même sommes très heureux de vous accueillir à St Julien du Sault en cette belle fin d’après-midi de printemps pour cette double inauguration, précédée d'une visite de notre collégiale St Pierre.
Collégiale il est vrai quelque peu défigurée par les échafaudages, tant intérieurs qu'extérieurs puisque d'importants travaux vont y être réalisés dans le cadre du plan de relance.
Plan de relance qui est arrivé à point nommé car sans lequel notre collégiale aurait du patienter peut-être quelques années supplémentaires avant d'être mise hors d'eau et .... de courants d'air puisque ce sont les toitures et les vitraux qui vont faire l'objet de soins.
A ce propos merci à Monsieur le Préfet d'avoir accepté cette opération dans le plan de relance et à Monsieur le Président du Conseil Général de l'avoir l'inscrite dans le plan de relance départemental et bien sûr à mes collègues conseillers généraux qui ont voté cette inscription.
C'est près d'un million d'euros de travaux qui ont été ainsi financés à hauteur de 320 000 euros par les trois financeurs : Etat, conseil général, commune.
En avant première, vous avez donc pu découvrir, outre les échafaudages, notre orgue renaissance en cours de restauration et dont l'on peut imaginer raisonnablement une mise en service au printemps 2010.
Nous préférons en effet attendre la fin des travaux intérieurs avant de lui faire souffler ses premières notes.
Une occasion pour vous de nous faire nouvelle visite et découvrir un instrument qui devrait compter non seulement dans l'Yonne, non seulement en Bourgogne, mais selon les spécialistes, en Europe.
Nous avons procédé ensuite à la première inauguration : l'espace Constantin Simo :
A cet emplacement Constantin Simo avait donc construit dans les années cinquante un abattoir de volailles ; lorsque ces bâtiments ont été mis en vente, la commune a saisi l'opportunité de les acquérir pour y construire ce parking et les garages, non sans quelques péripéties juridiques, notre droit de préemption ayant été contesté par deux fois par un particulier pour qui l’intérêt général n’était pas une priorité !
Se posait en effet le problème du stationnement en ce centre ville à caractère médiéval où de très nombreux logements ont été réhabilités tant par la commune dans une opération « coeur de village » avec la région et le conseil général pour partenaires que par des investisseurs privés.
Il a été aussi pensé avec en toile de fond l’aménagement de la place de la Liberté dont les nombreux projets présentés faisaient naître, chez les commerçants, la crainte de voir des places de stationnement disparaître.
Espace Constantin Simo,
Du nom de l'ancien propriétaire des lieux donc mais aussi Constantin SIMO qui avait été, dans la résistance, le capitaine CASTAGNE.
Né en 1917 dans la province de Lerida en Espagne, Constantin SIMO est âgé de 19 ans quand éclate la guerre civile ; il s'engage aux côtés de son père, du côté des républicains. Après la défaite et la mort de son père, au combat, il quitte sa famille et passe la frontière française.
Interné au camp de vernet dans l'Ariège puis celui de Septfonds, il est dirigé sur Auxerre puis placé dans une ferme du côté de Villeneuve la Guyard. De 1940 à 1943, il travaille tantôt comme ouvrier agricole, tantôt comme bûcheron.
Il cherche à s'engager dans la résistance : pour lui, c'était un devoir… la continuation de la République espagnole... un dû sur la mort de son père.
En mars 1944, sous le nom de Castagne, il rejoint un groupe sur la commune des Bordes, un des tout premiers maquis du Sénonais et de la forêt d'Othe.
. Leur maquis prend le nom de Bourgogne.
Mi mai 44, Castagne rencontre aux Clairimois Raymond Mare et son maquis « Boigegrain » dont il prend le commandement et rejoint les hommes du maquis « Gaulois ». Ces trois maquis sont fusionnés au lendemain du débarquement
dans la compagnie Francs tireurs et partisans Paul Bert.
Assez vite, les hommes exigent que Castagne soit leur chef. Avec le grade capitaine il devient le chef du plus important des maquis du Sénonais de juin à Août 44.
Ses hommes lui reconnaissent compétences sérieux et courage.
Sous la conduite de castagne, plusieurs sabotages de la voie ferrée PLM ont lieu, dont le plus important dans la nuit du 14 juillet 44 à Champigny sur Yonne.
Puis il reçoit l'ordre de marcher sur Auxerre Après de forts accrochages avec des troupes allemandes, il arrive à Auxerre le 24 août, jour de la libération de la ville..
Homologué dans l'armée comme capitaine à titre étranger il prend le commandement du 2ème bataillon, fonction qui le conduit à l'occupation du Palatinat. En février 1946, il est démobilisé.
C'est ensuite son mariage et il s'installe à Villevallier où il monte une petite entreprise de volailles qu'il transfère à St Julien du Sault en 1950 et qui comptera jusqu'à une trentaine d'emplois.
Malgré tout ce parcours, sa demande de nationalité française en 1956 n'aboutit pas. Il n'obtiendra celle ci qu'après une ultime demande, le 31 décembre 1996 !
De par son implication tant dans la résistance que dans la vie économique de St Julien, vous aurez compris que Constantin SIMO méritait bien que cet espace porte son nom !
La place de la Liberté.
Trois buts ont été poursuivis pour l’aménagement de cette place.
Sécurité, convivialité et développement économique !
Sécurité :
Cette place dessert l'école primaire, où nous nous trouvons, et il suffisait de voir le fonctionnement de cette place aux sorties d'école, pour être convaincu que l'aspect sécurité était primordial ; (un accident heureusement sans gravité s'y était produit), il fallait donc selon moi limiter au maximum les points de conflits auto/piétons ;
D'où ma demande auprès des divers architectes qui se sont penchés sur le dossier, de bien marquer l'axe de la place pour canaliser la circulation des voitures et celle des piétons.
Et l'on a encore rien trouver de mieux que courbes et obstacles pour ralentir la vitesse des dites voitures !
Dans la sécurité j'inclus bien sûr l'accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, avec notamment l'accès à la salle des fêtes qui deviendra salle de spectacle après réaménagements prochains .
Convivialité :
Un autre constat en voyant cette place : il y a donc là l'école primaire, , la maison de retraite, la future salle de spectacle, la maternelle est à 150 m et les parents ou grands parents viennent chercher les enfants à l'école ! N'est-ce pas le point de rencontre privilégié de toutes les générations. D'où l'idée de l'atrium ou agora qui, pour rassurer quelque esprit chagrin, n'est pas seulement destiné à recevoir l'empereur !
Car quel plaisir de voir les enfants s'approprier l'espace, jouer autour des jeux d'eau (au risque de quelques fonds de pantalons mouillés), pendant que leurs mamans conversent entre elles ; quel plaisir de voir des papys ou mammys s'installer sur les bancs ou encore des personnes se promener, à la tombée de la nuit, lorsque les jeux d'eau prennent leurs autres couleurs !
La présentation de cette place à la population le 30 avril dernier, autour d'un verre, avec la présentation d'un spectacle musical de Yonne en Scène, nous incite d'ailleurs à renouveler ces moments de rencontre !
Oui, un « espace de rencontres » ; car cette place méritait mieux qu'un simple «stockage de voitures » !
Je remercie les trois dernières municipalités qui, de l'idée de départ pour la première, la décision pour la deuxième et la réalisation pour la municipalité en cours, m'ont suivi dans cette démarche de prolonger le cheminement piétonnier des promenades que nos concitoyens semblent beaucoup apprécier … et que plus personne ne conteste aujourd’hui !
Je voudrais en profiter pour faire un petit clin d'oeil à mon ami Jean Ravisé, (devenu depuis peu président de la société horticole de l’Yonne) qui avait conçu l'aménagement de ces promenades et qui surtout m'a appris à regarder vivre les gens et les lieux !
la suite consistera à aménager dès cette année la rue Notre Dame, avec toujours à l'esprit l'amélioration de la sécurité des piétons.
Développement économique
Oui, cela peut surprendre, mais l’aménagement de cette place constituait le dernier maillon des aménagements initiés dès 1990 pour rendre aussi la ville plus attractive... économiquement.
Dans un métier antérieur, j’ai pu apprendre que, si la situation géographique est importante, l'attrait d'une ville constitue parfois le « petit plus » qui fait qu'un décideur choisit une ville à environnement agréable plutôt qu’une autre pour installer son entreprise.
Route de Bussy, promenades, centre ville, faubourg de la croix, giratoire, et maintenant place de la liberté : leur point commun ?
C’est tout simplement l’itinéraire d’un industriel potentiel qui souhaite se décentraliser ; et dans 80 % des cas, il vient de la région parisienne !
Pour les autres 20 %, nous avons aménagé les jardins de la gare, puis la route de Villeneuve, autres points d'entrée dans St Julien !
Sans compter que l’image de l'entreprise que percevront ses propres clients tiendra aussi compte de son environnement ! C'est ce que j'appelle l'effet vitrine !
N'est ce pas cette première impression qui fait que l'on entre ou pas dans la boutique ?
Cet effet vitrine est d'ailleurs aussi valable pour les commerces du centre ville.
Et s'il fallait donner un exemple, ce serait celui des grandes galeries marchandes : pourquoi ont- elles tant de succès ?
Venir faire ses courses à St Julien doit devenir un plaisir et les consommateurs auront d’autant moins de mal à faire 150 mètres à pieds.
Dans ce discours, vous n'échapperez pas aux chiffres parce que je veux au travers de cette inauguration, remercier les partenaires financiers de ces opérations que sont le Conseil Régional et le Conseil Régional.
Concernant l'espace Constantin Simo l'opération s'est montée à un peu plus de 450 000 € ttc pour laquelle nous avons reçu
une subvention de 62 600 € du conseil régional au titre de l'opération Coeur de village
une subvention de 78 000 € du conseil général au titre des opérations structurantes. Nous toucherons de l'état 62 775 € au titre du remboursement de la TVA.
Concernant la place de la liberté, le montant des travaux est de 989 000 € TTC pour lesquels nous avons reçu :
255 000 € du conseil général au titre des opérations structurantes, au titre de l'accessibilité personnes à mobilité réduite et du contrat de canton.
Merci aux présidents du conseil général , présidents au pluriel puisque j’y associe Henri de Raincourt, en exercice au moment des autorisations.
Subvention de 140 000 € du conseil régional, au titre de coeur de village.
Et à ce propos je voudrais dire un merci tout particulier à son président François Patriat qui a bien compris que les soucis bien involontaires que nous avons connus avec les premiers architectes retenus nous ont fait dépasser les délais d’attribution.
L'état, sur cette opération nous remboursera la TVA soit 153 195 €.
Quant à l'orgue, l'enveloppe globale avoisinera les 400 000 € mais nous y reviendrons en détail l'année prochaine.
Après avoir remercié les partenaires institutionnels, je voudrais aussi remercier les entreprises de St Julien, celles qui étaient à St julien et celles qui m'ont fait confiance, qui ont fait confiance à St Julien en s'y implantant, à la population qui m’a également fait confiance tout au long des vingt dernières années.
Les remercier aussi au nom de toute la population car outres les nombreux emplois qu'ils y ont créés, nul doute que sans leur contribution financière, qu’ils versent par le biais de la taxe professionnelle, de tels travaux n'auraient pu être réalisés sinon en augmentant très fortement la fiscalité, ce qui n’est pas la cas dans cette commune !
Puissent ces aménagements rejaillir aussi sur l'image de leur entreprise.
Je disais tout à l’heure que ces améliorations du cadre de vie étaient fait pour le développement économique je peux dire maintenant qu’ils ont été faits par le développement économique !